• Jacques et le Loup

    Je me souviens d'un conte que me racontait ma mère pour m'endormir.

    C'était l'histoire d'un enfant qui dès qu'il part se promener hurle "Au loup !" et les chasseurs accourent mais pas de loup. Après de nombreuses répétitions de ce gag idiot, le menteur n'a plus aucune crédibilité, les chasseurs ne viennent plus, un loup arrive vraiment et gobe l'enfant. Heureusement, les chasseurs tuent le loup et délivrent finalement l'enfant de la panse de la bête. C'est exactement ce à quoi j'ai pensé hier soir en regardant notre vieux président défendre la Constitution européenne.

    Le bougre a trempé dans toutes les histoires, dans des magouilles qui feraient pâlir un baron de la drogue colombien. Il a viré de bord, bourlingué en eaux troubles, navigué en eaux troubles en jurant à chaque fois que c'était la vérité ou du moins qu'il fallait lui faire confiance.

    Pour une fois, face à la Constitution européenne, il me semble qu'il a totalement raison. Tout le monde ne parle que de la troisième partie du texte -le volet économique qui n'est que la reprise des traités DÉJÀ ratifiés- en occultant la vraie portée de la constitution : les deux premières parties sociales et humanistes. Le débat est faussé par ceux qui n'expliquent pas ce qu'est une constitution ou par ceux qui ne s'arrêtent qu'à la partie la moins importante dans la mesure où celle-ci existe déjà et est déjà effective.
    Hier soir, face à Pujadas et la belle Arlette -duo qui est à l'information ce que Margueritte Duras est à la littérature-, notre pitre élyséen a voulu défendre d'une voix perdue sa position, il a tenté de faire entendre ce qui me semble être la voix de la raison... mais on ne pouvait s'empêcher d'entendre en arrière plan une petite ritournelle fredonner : "Regarde, il a déjà crié mille fois au loup...".


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