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Noir désir et la charogne

Parfois,

 

Je garde certaines choses au plus profond de moi et une seule phrase suffit à les faire ressortir. Là, en l'occurrence, c'est une remarque de K. sur Noir Désir.

 

J'ai toujours été un admirateur de la joyeuse bande qui a beuglé contre la Holy Economic War, qui  s'est insurgé contre les Hommes Pressés en plongeant dans la Chaleur quitte à en ressortir complètement Lazy...

J'ai toujours adoré ces bordelais qui vomissent sur beaucoup de choses avec une verve poétique délicieuse, qui s'éloignent des projecteurs pour jouer de manière intimiste ou exploser en concert. Chaque fois que je passe un morceau de Noir Des', j'ai l'impression d'avoir un petit bout de ce groupe chez moi qui vient pousser son cri ou fredonner son air.

 

Pourtant, je n'achèterais pas le « nouveau » live. Dies Irae est un des plus beaux live jamais sortis et je ne voudrais pas être déçu. Mais là n'est pas la vraie raison. La vraie raison c'est un dégoût pour les nécrophages, un rejet absolu de ceux qui se repaissent des cadavres, des excréments et autres déjections. Je hais les charognards.

Si, aujourd'hui, cet album est numéro un des ventes, personne ne me fera croire que ce n'est pas à relier avec la disparition tragique de l'ex-compagne de Bertrand Cantat, du livre putassier de sa mère et de la couverture médiatique vomitive qui a été fait de ce tragique accident domestique.

Le hasard a fait qu'au moment de cette historiette, j'ai emménagé juste à côté du cimetière du Père Lachaise. Voyant un énorme attroupement de touristes photographes amassés autour d'une sépulture, je me suis demandé quel écrivain, poète, homme d'état ayant fait date dans l'histoire pouvait tant fasciner les foules... C'était en réalité la tombe de Mlle Trintignant. Ah, c'est évident c'est excitant de savoir qu'il y a de la charogne fraîche en dessous de cette terre. Finalement, je suis sorti au plus vite de ce lieu pourtant magique avec une furieuse envie de rendre, non pas l'âme, mais mon déjeuner.

 

La première chose que j'ai entendue sur cet album est que la part de Bertrand Cantat reviendra aux « pauvres orphelins de Marie Trintignant »... c'est sûr, pour un amateur de musique, c'est fondamental. Je cours donc de ce pas exhumer mon beau Dies Irae. Lui, au moins, ne sens pas la mort mais la vie débordante.

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